Une 2e vague metterait en péril les traitements pour les patients cancéreux

Published July 24, 2020 at 2:14 PM
BY JULIE GAUTHIER
     
Les retards de traitement pour les patients atteints de cancer inquiète particulièrement les oncologues de la région.

Malgré le fait que ces patients aient eu priorité sur les autres, ce sont environ 54% des traitements et opérations oncologiques qui ont été retardés, causant un retard qu'on espère encore rattraper. « On commence à voir des patients avec des cancers métastasiques qui attendaient. On commence à voir des patients qui n’ont pas été diagnostiqués à cause de l’arrêt du dépistage et des opérations. Ces gens-là viennent maintenant nous voir pour des traitements systémiques. C’est difficile et ça fait peur », explique le Dr Gerald Batist, de l’Hôpital général juif. Il ajoute que le gouvernement devra injecter des fonds et créer un plan cancer afin de surmonter le retard.


Même son de cloche à l’Association des médecins hématologues et oncologues du Québec, ou une deuxième vague préoccupe les responsables : « Plusieurs études épidémiologiques suggèrent que le taux de mortalité de cancer pourrait augmenter de 15 à 20 % pour les 10 prochaines années en raison des stades plus avancés de maladie qui vont se présenter », explique le Dr Martin Champagne. « S’il y a une deuxième vague, la situation va empirer. »

Hors, le gouvernement n'a toujours pas présenté de plan officiel de redressement de la situation, ce que déplore la directrice générale de la Coalition priorité cancer au Québec, Eva Villalba : « On peut déjà trouver des solutions. Ce qu’on veut éviter, c’est de refermer les services d’oncologie pour deux ou trois mois. Si ça arrive une deuxième fois, ça va être très grave. Les mêmes personnes qui ont eu un délai la première fois vont subir un autre délai. C’est ça qui nous inquiète. »

De son coté, Dre Isabelle Germain, du sous-comité de cancérologie de la MSSS, estime qu'une bonne partie du travail a été fait : « Il n’y a peut-être pas eu de communication publique, mais pour avoir eu les deux pieds dedans pendant des semaines, c’est fait. Ce n’est jamais parfait, mais la pandémie a été officialisée le 11 mars, et le comité de cancérologie a commencé ses activités le 16 mars. Ç’a été très rapide. »

Espérons que la deuxième vague, si elle a lieu, n'empirera pas la situation.

Crédits : La Presse
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